La fièvre catarrhale ovine
La fièvre catarrhale du mouton (ou blue tongue) est une maladie virale infectieuse non contagieuse due à un Orbivirus (famille Reoviridae, virus ARN) vectorisé par des arthropodes, essentiellement des mouches hématophages du genre Culicoides. Cette maladie cosmopolite des régions tropicales et sub-tropicales est présente depuis des années dans le pourtour méditerranéen. Elle induit des syndromes graves chez les ovins (fièvre, œdème, dermatite, amaigrissement, mortalité 1 à 30%), mais elle passe le plus souvent inaperçue chez les caprins et les grands ruminants domestiques ou sauvages (cerfs, antilopes…) qui servent de réservoir au virus.Elle est traditionnellement décrite comme endémique entre les 40ème parallèles sud et nord (Afrique, Moyen-Orient, Asie, nord de l'Australie, Etats-Unis). La Grèce et la Bulgarie ont été touchées en 1999-2000, probablement depuis la Turquie.
En 1999, la maladie a également été réactivée en Tunisie, en Algérie, au Maroc, puis a gagné l'Espagne, l'Italie et la France.
Ces extensions sont directement la conséquence de l'activité du vecteur Culicoides.
L'expression clinique est largement dépendante des conditions d'environnement (état nutritionnel, parasitisme et infections bactériennes concomitants) et de la sensibilité individuelle. Il existe 24 sérotypes distincts induisant des protections croisées partielles ou nulles entre eux.
Dans les conditions naturelles, la dissémination est exclusivement le fait de piqûre d'insectes infectés ou par la semence de mâles infectés. La diffusion de la maladie est donc grandement influencée par l'activité du vecteur : elle est maximale en périodes de fortes pluies et de chaleur favorisant la multiplication du vecteur (au printemps et en automne).
La transmission par transfert d'embryons à partir de brebis gestantes a également été décrite. La transmission par injection de sang contaminé peut être possible lors de réutilisation d'aiguilles et de seringues.
Les prélèvements de choix pour la mise en évidence du virus sont les sangs d'animaux fébriles prélevés sur anticoagulant (héparine ou EDTA). La présence du virus est mise en évidence par isolement sur œufs embryonés, culture cellulaire in vitro, immunofluorescence en monocouche cellulaire infectée ou par PCR.